Une vie à reconstruire

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La lésion cérébrale entraîne une perte d’autonomie ; elle engendre un  traumatisme familial et peut conduire à un déclassement professionnel. Il existe un véritable risque d’isolement de la personne en rupture avec son entourage et ses proches. Des mécanismes d’exclusion sociale sont à redouter. La vie et les projets de la personne cérébrolésée sont à reconstruire.

 

Un temps d’arrêt
Le caractère acquis de la lésion cérébrale lui donne une dimension particulière : l’évènement traumatique marque une cassure dans l’histoire et l’identité du sujet. Désormais il y aura pour la personne un avant et un après.

 

Le caractère invisible
Le caractère invisible du handicap ou trop visible lorsque les troubles du comportement sont marqués bouleverse les relations entre la personne et son environnement familial, professionnel et social.

 

Une désadaptation sociale et professionnelle
Si les personnes vivent une désadaptation sociale et professionnelle, elles possèdent néanmoins, le plus souvent un potentiel intellectuel et des ” savoir-faire ” qui demeurent,  même si le fonctionnement cognitif peut être défaillant dans la durée (mémoire, lenteur, difficulté de concentration, de programmation, d’apprentissage, perte de confiance et d’initiative, …)

Etape par étape, il s’agira pour la personne de rétablir de nouveaux liens avec son entourage et de reconstruire son identité. Cette reconstruction se fait par la réalisation d’expériences parfois difficiles, la confrontation et un rapport à l’entourage familial, social, professionnel souvent douloureux pour la personne et son entourage. Ce véritable parcours de réinclusion social et ou professionnel se déroule sur un temps généralement long. Il va solliciter un grand nombre de personnes. La personne doit être aidée et soutenue au cours de ce parcours.

Le recours au soutien de différents acteurs professionnels pour la réinsertion sociale et professionnelle se révèle utile pour jalonner des étapes et pour sécuriser le parcours de retour à une vie ordinaire.
Un professionnel tiers, qui connaît bien le handicap, sera une aide précieuse pour assurer le décodage du handicap et la médiation dans la reconstruction des liens entre la personne et son entourage.

 

Le temps : une dimension fondamentale dans la « reconstruction »
Le temps est un facteur clef dans la reconstruction d’une nouvelle vie pour une personne cérébrolésée et pour son entourage. Il s’agit de retrouver une nouvelle « vie ordinaire » et de s’adapter.
Ce temps de reconstruction sera plus ou moins un temps long.  Ce temps long nécessite d’être accompagnée et soutenue dans la durée et en continu de manière plus ou moins proche selon les individus.

 

Diversité des parcours
Chaque parcours sera singulier.  L’impact des séquelles sera différent pour chacun.  Si certains vont pouvoir retrouver à terme leur activité professionnelle antérieure, pour d’autres il s’agira de construire progressivement une adaptation à un nouveau mode de vie à domicile avec plus ou moins de dépendance, voire dans certains cas en établissement spécialisé. 

Les aides à mettre en place sont aussi diversifiées que les parcours des individus et varient selon les dispositifs disponibles localement.

 Pour aller plus loin

Télécharger journal savoie “les ailes cérébrales” 

Etre accompagné et soutenu dans la continuité des étapes
Aucune réponse standardisée et uniforme ne peut être apportée à la problématique de réinsertion sociale et professionnelle des personnes cérébro-lésées. Des réponses multiples, souples, et coordonnés selon le rythme et l’évolution de chacun aideront l’individu à retrouver progressivement une qualité de vie satisfaisante selon ses propres critères.

Les facteurs aidants (enquête CRAM 2003) dans la reconstruction identitaire d’après des personnes cérébro-lésées intérrogées  sont :

  • Le maintien ou la re-constitution de liens amicaux/familiaux et leur évolution
  • L’insertion dans un réseau ou des échanges sociaux
  • La reprise ou la découverte de “passions”
  • Le soutien de professionnels avertis et disponibles

 

Handicap invisible,  environnement averti
La réinsertion des personnes cérébrolésées nécessite que l’entourage social, familial et professionnel de leur environnement soit informé de leurs difficultés pour une meilleure prise en compte. « L’enjeu est bien au sein de la société de « rendre lisible un handicap parfois invisible, souvent incompris ou carrément nié ! » 1

 

Un réseau de soutien

  • Des professionnels
  • Des associations de familles  (AFTC (regroupé en Asso Nat UNAFTC….Associations d’aphasiques…..)
  • Des revues d’information (ex Resurgences
  • Des dispositifs d’aide prévue par la loi en compensation du handicap…

 

 1  SERRANO P. Réflexion sur la réinsertion des traumatisés crâniens. Résurgence, juin 2004, n°29, p.13