Psycho-affectif

Le traumatisme crânien, l’accident, l’AVC en plus d’être un événement médical neurologique, est un événement psychique.

La perte de repère et la perte de facultés sont traumatisantes. Il est parfois difficile, pour la personne elle-même et pour ses proches, d’accepter le nouvel individu qui se relève de l’accident. Il s’agit alors pour la personne et sa famille de faire de cette nouvelle réalité une expérience, de l’assimiler, la dépasser et de s’inscrire dans une vie qui peut et doit continuer.

Il est impossible de décrire le parcours psychologique type. Les difficultés psychiques et symptomatiques ne sont jamais identiques. Chaque sujet a sa propre histoire et est différent. Néanmoins, différentes étapes peuvent être repérées.

 

La période d’hospitalisation, de coma et d’éveil

Au cours de cette période la personne est comme dépossédé de ses repères propres : la perception de son corps, de son environnement, et sa façon de penser, sont modifiées.

La conscience de soi, d’être et d’avoir un corps, de percevoir un monde familier et réel, « le sentiment même de soi » peut être bousculé. La personne peut avoir la sensation de ne pas se retrouver, d’être absente ou éloignée du monde. L’identité peut être atteinte dans le sentiment de sa continuité et la personne peut se sentir confuse.

Qui suis-je ? Suis- je vivant, éveillé, dans le coma, ou ailleurs ? S’éprouvent alors des angoisses massives même si celles-ci ne peuvent pas se dire.

 

La période en centre de rééducation et au retour au domicile

 A cette étape, la confusion peut persister. En plus, la personne va progressivement se confronter à ses difficultés, à sa propre différence entre l’avant et l’après évènement. Ces changements non souhaités, non maîtrisés sont inquiétants.  Pour se protéger de ce bouleversement la personne peut mettre en place des mécanismes de défense, par exemple être dans le déni de sa nouvelle réalité. Par ailleurs le handicap cognitif peut amener la personne à ne pas être en capacité de prendre conscience des changements, des pertes que pourtant il vit en lui. Ce déni, voire l’anosognosie participent à faire reculer d’autant la prise en compte du handicap et une “sérénité psychique”.
Pour intégrer progressivement ses difficultés, il semble important que le sujet et sa famille retissent les fils entre « cet avant et cet après ».   Il s’agit de  pouvoir vivre et penser une continuité, que “du même” existe, afin de supporter ce qui sera peut-être perdu ou différent.

Cette reconstruction diffère selon la personnalité antérieure du sujet, selon le  moment de survenue de cet accident dans la vie de la personne, selon l’histoire familiale marquée ou non de traumatismes antérieurs, et de l’ampleur notamment des changements à intégrer.

 

Quelques symptômes/fragilisation des défenses psychiques

La fragilisation psychique des personnes cérébrolésées peut être confondu avec des aspects dépressifs par exemple : perte du goût d’agir, passivité, absence de motivation ou d’intérêt, détresse, dépendance, automutilation, idées suicidaires

Pour autant tout ne relève pas de la dépression et les solutions à apporter au “mal-être ne relèvent pas des mêmes modes de prise en compte.
La traduction de se mal-être peut parfois se lire dans l’exacerbation des traits de personnalité antérieurs ou le changement de personnalité. Il peut s’en suivre une altération des relations sociales, des ruptures de liens avec l’entourage…

Quelques exemples des effets liés aux troubles du comportement induit par la fragilisation psychique de la personne :

  • Altération des relations interpersonnelles (ex.: entre les enfants et le parent blessé, entre le conjoint et la victime et entre les frères, les sœurs ou les amis s’il s’agit d’un enfant traumatisé cranio-cérébral);
  •  Solitude du conjoint non atteint; augmentation des problèmes préexistants dans le couple (séparation, divorce);
  •  Ralentissement ou même arrêt du développement social selon l’âge ou le niveau déjà atteint ; réaction du milieu axée plus souvent sur les problèmes de comportement que sur les problèmes physiques ou cognitifs; tendance du milieu à réagir de façon punitive ou de façon inappropriée ;
  •  Difficulté pour la victime de conserver ses amis et de s’en faire de nouveaux; maintien de certaines relations par charité avec la victime; Contacts difficiles avec l’entourage, comportements incompris ou mal tolérés par le milieu ;
  • Perte de confiance en soi.