Une lésion cérébrale peut provoquer des comportements incompréhensibles de la personne cérébrolésés. Ces comportements ne peuvent être raisonnés et ne correspondent pas aux normes sociales habituelles. Il peut s’agir de comportements agressifs, coléreux, désinhibés…

 

Les troubles du comportement affectent tous les domaines de la vie : à 1′intérieur du couple, de la famille, dans les activités professionnelles, de loisirs. Chez l’enfant  ils vont nuire à sa scolarité, aux relations avec sa fratrie.

Faisant partie des handicaps invisibles particulièrement difficile à appréhender, pour la personne comme pour son entourage, les troubles du comportement génèrent des risques d’isolement social et d’exclusion.

L’anosognosie – fréquente suite à l’atteinte cérébrale acquise – retarde pour l’individu la reconnaissance et la compréhension de ses propres changements d’état. Ces difficultés de comportement persistent parfois, même lorsque les séquelles physiques ou celles des fonctions mentales supérieures se sont résorbées en grande partie. 

Paradoxalement, la reconnaissance de ses troubles génère chez l’individu une perte de confiance, et des sentiments de dévalorisation qu’il aura à affronter pour les dépasser progressivement.

 

Le tableau qui suit décrit certains comportements observés suite à une atteinte cérébrale acquise.
  

L’atteinteComportements observés
Labilité ou variation de l’humeurTendance à pleurer ou à rire de façon inappropriée ou sans raison, hypersensibilité, changement rapide d’un état émotif à l’autre sans motif apparent (tristesse ou euphorie).
Diminution des contrôles- Réaction exagérée aux stimulations, agressivité ou colère (verbal et parfois physique) ; impulsivité, passage rapide à l’acte (sans réfléchir aux conséquences), imprevisibilité dans les actions ; baisse du niveau d’autocritique.         – Régression de la victime sur le plan des comportements sociaux qui sont souvent mal compris par le milieu (ex. : déshinibition sexuelle).
Priorité des besoins primairesComportements d’allure infantile, égocentriques et asociaux, diminution de la tolérance à la frustration ou aux délais (satisfaction immédiate des besoins). Particulièrement présents dans les phases précoces, ils tendent à se stabiliser ou disparaitre avec le temps.
Diminution de l’autonomie intellectuelle, des capacités de jugement - Concernant les choix et les décisions : besoin de supervision d’un tiers ce qui entraîne changements et réajustements des rôles, du partage des tâches ou des responsabilités. Diminution de la capacité à assumer ses responsabilités ; peut entraîner de la dévalorisation, du retrait social (surtout s’il y a des difficultés de communication).                                                                                                                                                     – Négation de ses limites, non prise en compte des expériences ou difficultés ou expériences pour modifier son comportement.                                                                                                                                                       – Perception négative de la part de l’entourage, tendance à la traiter comme un enfant, à la surprotéger ou à la culpabiliser et, dans certains cas, à l’isoler ou à la rejeter.
Interruption des activités scolaires, sociales ou professionnelles- Intégration difficile à la suite d’une absence plus ou moins longue dans le monde scolaire ou professionnel (qui a besoin d’être préparé à recevoir la personne dans son nouvel état) ; changement de statut ; lenteur et difficulté du processu d’intégration qui doit se faire par essais et erreurs avec le risque d’échec que cela comporte.                      - Retrait des activités habituelles qui permettent le développement social ; perte de liens avec les pairs et les collègues ; obligation de réorganiser son temps de façon différente ; la victime se sent à part des autres, éprouve de la difficultés à s’identifier à un groupe avec qui elle pourrait éprouver un sentiment d’appartenance. Conduit à l’isolement de la victime et de la famille sur le plan social.                                                                                      - Difficulté à maintenir les relations amoureuses chez les jeunes adultes et difficulté encore plus grande à trouver “l’âme soeur” : les séquelles sur tous les plans font peur et rendent l’avenir incertain surtout s’il est question de fonder une famille.